Gestes et slogans racistes se multiplient dans les stades de football. Les exemples se succèdent. Et les terrains belges n'échappent pas
au phénomène. Quelques voix se lèvent pour dénoncer le problème.
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ÉCLAIRAGE
Cris de singes, saluts hitlériens, jets de bananes et de cacahuètes ou encore insultes racistes. Les terrains de football européens résonnent, de plus en plus souvent, de slogans nauséabonds.
Depuis une vingtaine d'années, le racisme a tendance à se banaliser dans les stades d'Europe. Sur le territoire belge aussi, on remarque la recrudescence de manifestations xénophobes autour des pelouses.
Quelques exemples. Bruges, octobre 2002. De graves incidents ternissent le match de Ligue des champions entre le Club de Bruges et le club turc de Galatasaray. D'ailleurs, le procès des supporters brugeois concernés, soupçonnés d'appartenir à la bande de hooligans à tendance raciste «Bruges Casual Firm» (BCF), a commencé. La BCF pratiquerait une «chasse aux Turcs» avec le foot pour prétexte.
Plus récemment, deux autres faits choquent. Hasselt, février 2004. Lors d'un match qualificatif pour le championnat d'Europe de football en salle entre nos Diables et Israël, des slogans antisémites «Juifs au gaz!», «Mort aux Juifs!», fusent des tribunes.
Puis, en novembre suivant, le Maccabi, club bruxellois de provinciale, doit porter plainte contre le Sporting FC Haren pour racisme et xénophobie. L'arbitre a consigné insultes et slogans antisémites tenus au cours d'une rencontre opposant les... scolaires des deux clubs!
Pour une tolérance zéro
On ne peut pas dire que la situation ne suscite aucune réaction. Quelques joueurs ont rapidement dénoncé le racisme dans les stades, comme Lilian Thuram, Marc Zoro et Thierry Henry, désigné ambassadeur mondial contre le racisme.
L'Angleterre applique des mesures d'interdiction des enceintes aux hooligans fichés. Le Britannique Paul Elliot, ancien joueur du Chelsea FC et du Celtic FC et désormais consultant spécial de la Commission pour l'Egalité Raciale du Royaume-Uni, a lancé un appel pressant et réclamé du concret dans la lutte contre le racisme. «En tant que joueur de couleur, j'ai souffert de ce fléau, de ces cris de singes qui m'étaient adressés devant mes propres parents venus m'encourager au stade», témoigne-t-il. «Les autorités doivent appliquer une tolérance zéro», a-t-il déclaré lors d'une conférence récemment organisée à Barcelone sur le thème de «Tous contre le racisme».
Le message adressé par les délégués participant à cette conférence paneuropéenne est que l'intolérance et la discrimination n'ont pas leur place dans le sport. A cette occasion, Lars-Christer Olsson, directeur général de l'UEFA, a émis un message clair: «Ne nous contentons pas d'exclure le racisme du football, mais tentons de l'éradiquer de toute la société.» Cette conférence s'est achevée sur l'engagement de l'UEFA de rester à l'avant-garde de cette campagne.
«Carte rouge au racisme»
De son côté, Piara Powar, représentant du réseau FARE (Football contre le Racisme en Europe), appelle les associations nationales à relayer un message contre le racisme dans leurs pays respectifs.
Aujourd'hui, bon nombre de clubs européens sont également engagés dans l'opération «Carte rouge au racisme» née au Royaume-Uni en 1996. Celle-ci a pour but de sensibiliser le monde du football contre les méfaits du racisme et des violences qu'il engendre, de l'intolérance voire des régressions nationalistes de toutes sortes.
En Belgique, les Diables Rouges ainsi que toutes les autres équipes nationales (Espoirs, Femmes, Football en salle) y ont adhéré. Leurs actions sont menées en concertation avec le Centre pour l'Egalité des chances et la Lutte contre le racisme et l'Union belge de football.