Drame du Heysel - Les acteurs de la finale se souviennent

Drame du Heysel - Les acteurs de la finale se souviennent
Sergio Brio(défenseur de la Juventus)


En l'absence de Scirea, parti au Mexique avec la Squadra Azzurra, c'est l'ancien entraîneur montois qui, en tant que vice-capitaine de la Juve, eut l'honneur de sortir le premier de l'avion qui ramena les Turinois en Italie, Coupe à la main: «Les images de joie qui ont suivi notre victoire ont choqué de nombreuses personnes. Il est facile de parler et de critiquer, mais qui a fait du sport dans sa vie peut comprendre que marquer un but en finale de la Coupe des Clubs Champions représente une joie immense. Ce qui ne veut pas dire que nous n'avons pas pleuré nos morts. Encore aujourd'hui, nous n'avons rien oublié. Mais l'exultation de la victoire et les larmes pour les victimes étaient difficilement conciliables. J'ai crié parce que j'attendais ce moment depuis que j'étais gamin. Et il n'y a rien eu de pire dans ma vie que d'atteindre son rêve suprême en ayant à pleurer trente-neuf morts...»


Marco Tardelli(médian de la Juventus)


«De tous les prix que j'ai gagnés, en club et avec l'équipe nationale italienne, c'est le seul dont je ne suis pas fier. C'était la pire soirée de ma vie. Un match à oublier, bien qu'il soit impossible d'oublier ce qui s'est produit. La rencontre n'aurait pas dû être jouée. Elle le fut, mais ce n'était pas la décision des joueurs. Une fois le match lancé, il ne fut pas simple de se concentrer. Ce soir-là, je n'ai pas compris de suite l'ampleur de la catastrophe, parce que j'étais dans la salle de massage. Les joueurs savaient qu'il y avait des bagarres entre les supporters, mais pas que tant de personnes avaient trouvé la mort. Avec du recul, je crois que la police belge a commis une grosse erreur en ne libérant pas les pauvres supporters du bloc Z. Elle aurait pu permettre à certaines personnes d'échapper à ce mortel écrasement. Après cette finale, je ne suis pas retourné directement en Italie: je devais disputer une tournée au Mexique avec mon équipe nationale. C'est alors que j'ai compris, en voyant les images à la télévision. Après la finale, je me souviens que Bruce Grobbelaar a exprimé à Giovanni Trapatonni de sincères excuses. Mais, franchement, était-ce la faute de Liverpool ou de la Juventus? J'espère que plus jamais un tel drame ne sera vécu. Il faut toujours des catastrophes pour que l'on prenne conscience de certaines choses et qu'on tente d'y trouver des remèdes. L'Angleterre semble avoir en grande partie éradiqué le phénomène du hooliganisme. Mais chaque semaine, dans les tribunes, certains comportements font encore froid dans le dos. Surtout en Italie...»


Zbigniew Boniek(attaquant de la Juventus)


«Le souvenir de cette soirée est encore très vif. C'est absolument inconcevable - ridicule même - que des gens aillent voir une finale européenne et ne rentrent jamais chez eux... parce qu'ils ont été tués. Quand le match débuta, je n'étais pas au courant de la gravité des incidents. Il faut être clair à ce sujet: les joueurs ne voulaient pas jouer! Mais les autorités nous l'ont ordonné. Ils croyaient que cela éviterait une guerre entre les supporters des deux camps. Mais jouer quand des gens meurent autour de vous, ce n'est pas normal. J'ai vu des gens emmener des cadavres en dehors du stade...»


Bruce Grobbelaar (gardien de but de Liverpool)


«Les joueurs connaissaient parfaitement la situation, y compris le fait que des gens étaient morts. Nous n'aurions jamais dû jouer ce match. L'Uefa a insisté: sans cela, les responsables du football européen pensaient que la violence allait se déplacer dans les rues. Et que le carnage aurait été encore plus énorme! Moi, je ne voulais pas jouer. Après le match, je me suis rendu près de l'autocar de le Juventus et j'ai dit aux Transalpins: je suis désolé pour ce qui s'est produit. J'étais mal, comme ai-je pu dire désolé alors que c'était notre faute. Le trophée? Oui, il aurait dû être rendu, à la mémoire des morts. Quand je suis revenu au Heysel bien plus tard, j'ai été fortement surpris. Il y avait bien une plaque commémorative en dehors du stade mais c'est tout. À l'intérieur, pas une photo ou quelque chose qui rappelle ce drame. On voulait tout simplement cacher ce triste événement dans un placard. Je ne sais pas pourquoi, il faudrait poser la question aux responsables belges. On a changé le nom du stade, mais son sol restera éternellement tâché de sang. Toute cette affaire sent mauvais! Un match de la mémoire entre Liverpool et la Juventus aurait dû être organisé. Et le montant de la recette aurait dû être versé aux familles des victimes.»


Alan Kennedy(back gauche de Liverpool)


«Je suis sûr que ce qui s'est produit au Heysel le 29 mai 1985 était lié à des événements qui s'étaient produits à Rome la saison précédente. Nos supporters avaient alors été bombardés de pierres, de briques et de bouteilles par des... hooligans de l'AS Roma. C'est ce qui a causé cette tension entre les deux camps, au Heysel. Quand nous sommes arrivés aux abords du stade, nous, joueurs, avons noté un manque de présence policière. Notre vestiaire n'était pas très éloigné du bloc Z. Le mur s'était écroulé et les gens se battaient pour se dégager. Le souvenir de tous ces gens tués me revient régulièrement à l'esprit... Un officiel de l'Uefa est venu dans notre vestiaire pour nous informer que quatre ou cinq personnes avaient trouvé la mort. Certains voulaient jouer, d'au- tres pas. On a aussi parlé du penalty, mais de toute façon, on ne pouvait pas gagner ce match. Des supporters de la Juve étaient décédés et on nous aurait blâmés davantage en cas de succès. Par après, l'Uefa semblait d'accord avec Margaret Tatcher: le dra- me était uniquement de la faute de Liverpool. Cela a facilité la tâche de l'Uefa, qui a imposé la suspension de cinq ans aux clubs anglais sans même mener une enquête. Avant la finale, le secrétaire de Liverpool, Peter Robinson, avait exprimé ses inquiétudes quant à la sécurité dans le stade. Je me demande pourquoi l'Uefa et les autorités belges ne l'ont pas écouté. Pourquoi a-t-on joué ce match dans un stade dans un si mauvais état?»


Kenny Dalglish(médian de Liverpool)


«Nous ne nous sommes pas rendu compte immédiatement de la gravité des incidents. Nous avons vu les supporters italiens en pleurs, qui frappaient sur notre bus lors du retour vers l'hôtel. Je me rappelle très bien du visage d'un Italien, qui hurlait et pleurait juste derrière la vitre, en face de moi. Il ne s'attendait pas, en venant assister au match, à vivre ça. À côté de ça, tout devient insignifiant: le football n'est pas important.»

# Posté le dimanche 22 mai 2005 13:27

19h27, le foot ne sera plus comme avant!

19h27, le foot ne sera plus comme avant!
Heysel 29 mai 1985. Voici le film de la soirée qui a fait basculer le sport le plus populaire dans l'enfer absolu

BRUXELLES Cela s'annonçait comme une immense fête du football. Liverpool et la Juventus, c'étaient, vraiment, les deux meilleurs clubs d'Europe, et, rarement, une finale avait aussi bien porté son nom. D'ailleurs, à événement exceptionnel, présentation exceptionnelle. Compte tenu du nombre de visiteurs étrangers, nous avions demandé au meilleur journaliste anglais, spécialiste de Liverpool, Phill Burgess (The Guardian), et au meilleur journaliste italien, spécialiste de la Juve, Bruno Perucca (La Stampa), d'écrire, dans leur langue, chacun un article. Ces papiers historiques trônaient en première page de notre cahier sportif.

Tous deux se montraient impatients de voir, enfin, quel était le meilleur club du monde et promettaient au public une soirée mémorable...


La Belgique exemplaire


Il n'y avait, il est vrai, aucune raison de se méfier. La Belgique, en général, et Bruxelles, en particulier, étaient les chouchous de l'Uefa qui n'avait jamais confié à personne d'autre davantage de finales qui, toutes, avaient rempli à ras bord le vieux stade du Centenaire. Real-Milan, en 1958, avait été, sans doute, la plus belle finale de l'histoire des Coupes d'Europe. Real Madrid-Partizan Belgrade, en 1966, fut d'une facture inférieure mais passionnant malgré tout. Pour départager, en 1974, le Bayern de Beckenbauer, de Maier et de Müller et l'Atletico Madrid, il fallut deux manches qu'à 48 heures d'intervalle, dans la même enceinte, l'Union belge organisa à la perfection. Entre-temps, trois finales de la Coupe des Vainqueurs de Coupe, dont Anderlecht-West Ham, se déroulèrent également au pied de l'Atomium, tout comme la finale de la Coupe de l'Uefa entre Anderlecht et Benfica. Excusez du peu.


Bref, les dirigeants belges étaient rompus à ce genre d'exercice, et, d'ailleurs, quelques semaines avant la soirée du 29 mai, le Heysel avait encore fait le plein de ses 65.000 spectateurs pour le choc décisif contre la Pologne, qui avait la Coupe du Monde mexicaine comme enjeu.


En ville, déjà


Pourtant, dans la journée du 29 mai, sous une chaleur torride, le bel optimisme des forces de l'ordre se transforma, petit à petit, en inquiétude. Le futur commissaire en chef de la ville de Bruxelles, Roland Vanreusel, s'était rendu en éclaireur à Liverpool où ses collègues l'avaient tranquillisé: les supporters des Reds étaient les plus sportifs et les plus tranquilles des îles Britanniques. Ce n'est pas exactement l'impression qu'ils laissèrent en déferlant, par une température torride, sur la capitale de l'Europe. Partout, ils provoquèrent de menus incidents, dus, chaque fois, à un état d'ébriété avancé. Tables renversées, petits vols, coups de poing, voitures abîmées, la police ne savait plus où donner de la tête, mais ne voulant pas envenimer l'ambiance, les forces de l'ordre procédèrent à un minimum d'arrestations, mê- me administratives.


C'était, sans doute, une première erreur.


Une charge terrifiante


Après avoir pris la température dans les rues surchauffées de la capitale, nous nous sommes rendu assez vite au stade. C'était pire encore. Plus d'une heure avant le coup d'envoi prévu, l'ambiance est plutôt malsaine, du jamais-vu dans les travées du vieux stade, plein comme un oeuf. Une première charge des hooligans anglais les amène à côté du bloc Z, occupé par une grande majorité d'Italiens. En quelques secondes, ils brisent le grillage, presque symbolique, qui sépare le Z du XY et frappent les Italiens qu'ils rencontrent, avec les poings, les pieds et même des bâtons. Des gendarmes prennent position, et commencent à matraquer les fauteurs de troubles, mais, très inférieurs en nombre, ils doivent, vite, battre en retraite.


Dans le bloc Z, c'est la panique absolue. Les Italiens s'entassent contre la rambarde et essaient de l'escalader, mais, dans un premier temps, le service d'ordre les en empêche.


C'était la guerre!


Nous étions à la tribune de pres- se, exactement à hauteur de la ligne de centre, et en hauteur, quand nous vîmes le mur du bloc Z s'effondrer. Il était exactement 19h27. C'était une fameuse pagaille, spectaculaire, mais nous pensions qu'il n'y aurait que quelques blessés et que, finalement, le fait d'avoir cédé était une bonne chose puisque cela permettait aux pensionnaires du bloc Z de fuir par la piste d'athlétisme, ce qu'ils ne pouvaient pas faire jusque-là.


Quelques secondes plus tard, les Italiens, dont plusieurs ensanglantés, se hissent jusqu'à la tribune de presse. Ils sont très menaçants, hurlent qu'il y a des morts et s'emparent de nos téléphones - les portables n'existaient pas - pour appeler leurs proches. On vit, alors, les gendarmes à cheval faire leur entrée dans le stade et tourner autour du terrain, comme à la parade, sans trop savoir que faire: les Anglais étaient retournés dans leur bloc et les Italiens qui le pouvaient quittaient précipitamment le stade.


Comme mes confrères, je ne peux, à ce moment-là, toujours pas imaginer qu'il y avait des morts, malgré les vociférations des tifosi, qui s'étaient réfugiés dans la tribune de presse. Je décide, alors de quitter la tribune et, c'est dans le réduit qui sépare la tribune principale du bloc Z, que j'assiste au spectacle apocalyptique qui restera, à tout jamais, le pire: on y entasse les cadavres, côte à côte. Plus loin, les blessés hurlent, mais il faut dire que le plan catastrophe a été déclenché en un temps record et que les secours ont été exceptionnellement efficaces. L'hôpital de campagne a été monté en deux temps, trois mouvements, devant le stade, et, en quelques minutes, toutes les ambulances disponibles amènent les blessés dans les différents hôpitaux bruxellois pendant que les blindés de la gendarmerie déversent leurs renforts.


On dénombre, néanmoins, 38 morts (un trente-neuvième allait s'ajouter à la liste, quelques jours plus tard) et près de 600 blessés graves. C'était la guerre.


Si les secours ont été impeccables, on ne peut, hélas! pas en dire autant du service d'ordre. Qui donc a-t-il pu avoir cette idée saugrenue de partager le stade en diagonale, avec la police d'un côté et la gendarmerie de l'autre, sans le moindre commandement commun? Ce ne fut pas la seule cause de l'ampleur du drame, mais ce fut la principale.


Il fallait jouer


Après une heure de palabres et sur les conseils du général de gendarmerie Robert Bernaert, les dirigeants de l'Uefa et de l'Union belge, réfugiés dans la buvette de la salle d'honneur, décident de faire jouer le match. Cet- te décision fut très critiquée, et elle l'est toujours par certains, aujour- d'hui. Pourtant, elle était évidente, pour trois raisons:1. annuler le match allait quintupler la fureur des hooligans;2. il était plus facile de les surveiller dans le stade que dispersés dans la ville, le temps de permettre à toutes les forces de gendarmerie disponibles du pays de se rendre sur place;3. il fallait attendre que les morts et les blessés soient évacués, car la plupart des spectateurs ne s'étaient pas du tout rendu compte de la gravité de la situation, et la vision des victimes aurait certainement provoqué une émeute plus grave encore.


La joie de Platini


En revanche, le minimum de décence commandait de ne pas téléviser le match. Certains pays, dont la Belgique, la France et l'Italie, n'eu- rent pas cette décence élémentaire. Mais le comble de l'indécence, ce fut évidemment le geste triomphal du capitaine de la Juve, Michel Platini, hurlant sa joie, en brandissant la Coupe d'Europe, un geste qu'il a amèrement regretté par la suite. Il faut dire que l'arbitre suisse André Daina a littéralement offert le match à la Juve, grâce à un penalty imaginaire, transformé par Platini. Dérisoire compensation...
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# Posté le dimanche 22 mai 2005 13:25

Ligue des champions - Istanbul se prépare à accueillir les finalistes

Des dizaines de milliers de supporters britanniques de Liverpool sont attendus dans la capitale turque

ISTANBUL On n'a pas oublié sur les rives du Bosphore la nuit d'horreur du 5 avril 2000, veille d'une demi-finale de la Coupe de l'UEFA entre les Anglais de Leeds United et le club local de Galatasaray, qui avait tourné à la bataille rangée entre partisans des deux équipes, se concluant par la mort de deux Britanniques.

On se souvient aussi du drame du stade Heysel, à Bruxelles en 1985. Trente-neuf personnes avaient alors péri dans les mouvements d'une foule paniquée par la violence de hooligans de Liverpool, dont l'équipe était opposée à la Juventus de Turin.

Sécurité

A moins de deux semaines du match devant opposer Liverpool au Milan AC, les autorités turques affichent cependant leur confiance dans l'imposant dispositif de sécurité prévu pour empêcher de nouveaux débordements. «Nous n'avons pas d'inquiétude particulière au sujet des Britanniques», a déclaré Sami Colgecen, chargé par la fédération turque de l'organisation de la finale, avant de préciser: «La liste des hooligans anglais nous sera transmise prochainement et ils ne pourront pas pénétrer en Turquie».

Des contrôles seront effectués dans les aéroports stambouliotes et la police turque, secondée par des agents britanniques pourra refouler les causeurs de troubles notoires, a-t-il expliqué. «Nous savons que les clubs anglais ne vendront leur quota de billets qu'à des supporteurs qui ont suivi toute la saison, ce qui implique un certain écrémage», a souligné le Monsieur finale turc.

Les supporteurs anglais et italiens auront en outre peu de possibilités de croiser le fer: les avions charters transportant les premiers atterriront à l'aéroport Sabiha Gokcen, sur la rive asiatique d'Istanbul, ceux en provenance d'Italie à l'aéroport Ataturk, côté européen.

Les deux groupes seront ensuite convoyés au stade olympique Ataturk, où se jouera la finale, par des des routes différentes et seront regroupés dans des parties distinctes du stade.

Stadiers

Dans l'enceinte, le dispositif policier sera peu visible, mais bien présent. «Environ 2.600 stadiers (non armés) seront répartis dans les travées, plus un millier de policiers invisibles -dont 600 cachés sous les tribunes-, mais prêts à intervenir en cas de problème», a confié M. Colgecen.

La finale de la Coupe de Turquie, jouée mercredi soir dans le stade Ataturk et devant servir de répétition de générale à la finale de la Ligue des champions a achevé de rassurer les organisateurs. Encadrés de près par quelque 8.000 policiers, gendarmes et vigiles, les supporteurs des clubs stambouliotes de Galatasaray et de Fenerbahçe, d'habitude enclins à la bagarre, n'ont pas eu l'occasion cette fois d'exprimer leurs rivalités séculaires.

«Nous avons mis en oeuvre toutes les mesures que nous prévoyons pour la Ligue des champions et nous sommes contents du résultat», s'est réjouit mercredi soir le gouverneur d'Istanbul Muammer Guler, cité par l'agence de presse Anatolie.

Une réunion entre les instances sportives et les services du gouverneur d'Istanbul devrait être organisée dans les prochains jours pour peaufiner le dispositif, et notamment discuter de la sécurisation des abords du stade et du centre-ville.

Environ 70.000 billets seront distribués pour la finale, dont 20.000 réservés à chacun des clubs finalistes, 16.000 pour le public européen et local et 6.000 pour les parraineurs, le reste allant aux instances sportives nationales et européennes.
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# Posté le dimanche 22 mai 2005 13:24

Liverpool-Juventus: derrière le match, l'hommage

Liverpool-Juventus: derrière le match, l'hommage
Chacun devra aussi penser à honorer dignement la mémoire des victimes du Heysel


LIVERPOOL Liverpool accueille mardi la Juventus Turin en quart de finale aller de la Ligue des champions de football, vingt ans presque jour pour jour après le drame du Heysel le 29 mai 1985 et la mort de 39 personnes, profonde cicatrice dans l'histoire des deux clubs et du sport.

Le destin s'est révélé bien capricieux en proposant ainsi aux deux clubs de se retrouver, pour la première fois depuis la finale de la Coupe des champions 1985, marquée par la tragédie due au fanatisme des hooligans anglais.

Ce jour-là, 39 personnes ont péri, étouffées ou piétinées, sous l'effet des mouvements de foule provoqués par l'hystérie des supporteurs anglais. Six cents ont été blessées. Sur injonction de l'Union européenne de football (UEFA), le match eut lieu, remporté par la Juventus Turin, sur un penalty de Michel Platini (1-0).

Jamais depuis, les deux clubs n'ont croisé la même route, même si le contact est resté noué. L'un et l'autre ont été durablement affectés par le drame: la "Juve" n'a cessé de pleurer ses morts, Liverpool, banni pour six ans des compétitions européennes (cinq ans pour les autres clubs anglais), a été confronté à un dur examen de conscience.

"Cela fait 20 ans que nous attendons ce match et il vient juste au bon moment", assure Ian Rush, l'avant-centre gallois de Liverpool, passé à la Juventus lors de la saison 1987-1988. "On ne peut simplement pas oublier ce qui s'est passé. Ce ne sera jamais oublié", ajoute-t-il.

"Je suis certain que quel que soit le nombre de supporteurs italiens qui feront le voyage, ils recevront le plus formidable accueil qui leur ait jamais été donné dans un stade de football", estime, pour sa part, Mark Lawrenson, défenseur central de Liverpool lors de la finale.



Mémoire


Avant la rencontre, confiée par l'UEFA au sifflet de l'arbitre belge Frank De Bleeckere, Phil Neal, le capitaine de Liverpool en 1985 présentera une bannière sur laquelle figurent les noms des victimes. Sera ensuite observée une minute de silence.

Entre Liverpool et sept Coupes d'Europe (4 C1 et 3 C3), et une Juventus aux six sacres continentaux (2 C1, 1 C2, 3 C3), le match apparaît aujourd'hui plus déséquilibré qu'alors, tant les "Reds" ne dominent plus les scènes européenne ni même anglaise.

Deuxièmes du Championnat d'Italie, devancés par le Milan AC à la seule différence de buts, les Turinois qui ont éliminé au tour précédent le Real Madrid (0-1, 2-0 a.p.), s'avancent en favoris, avec le retour en attaque du Français David Trezeguet, après une légère blessure à une cheville.

Bien inconstant toute la saison en Championnat (5e), Liverpool ne s'appuie sur aucune certitude. Son secteur offensif est dévasté par les absences. Mais l'Europe a bien réussi jusqu'à présent aux "Reds", solides vainqueurs du Bayer Leverkusen (3-1, 3-1) au tour précédent.
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# Posté le dimanche 17 avril 2005 10:15

4 matchs à huis clos pour l'Inter

La Commission de discipline de l'Union européenne de football (UEFA) a confirmé vendredi la qualification du Milan AC pour les demi-finales de la Ligue des champions.

Par ailleurs, elle a condamné l'Inter Milan à disputer six matches à huis clos, dont deux avec sursis, suite aux incidents de mercredi en quarts de finale retour.
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# Posté le samedi 16 avril 2005 03:46